|
|
Round Midnight de Bertrand Tavernieravec Dexter Gordon, Herbie Hancock, Wayne Shorter et bien d’autres. Bertrand, sur les conseils de Philippe Sarde, avec qui j’avais enregistré les musiques de ses premiers films, un jour me pose une question : « voilà je voudrais tourner un film sur le jazz, une histoire qui rend hommage à lester Young et d’autres, comment faut-il faire pour le son ?» |
À l’époque j’avais été très impressionné par un film : « The Rose » sur la vie de Janis Joplin, surtout par le réalisme des concerts, tournés, à l’époque avec le Mobile de Wally Heider » et direct live et en 16 pistes. Tout cela ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd ! Bertrand continue de préparer son film, Le projet aboutis, les décors se construisent sur les plateaux de tournage à Épinay, aux Laboratoires Éclair. |
|
![]() |
À notre première rencontre (sur les décors en construction), je lui explique que, pour les besoins et les contraintes inhérents du son, il faut construire les décors avec beaucoup de précautions, notamment, vis-à-vis des résonances et des problèmes de micros, ceux qui devront rester cachés, du fait que l’action se passe en 1960 ; |
Le temps passe, Herbie Hancock demande que son propre ingénieur du son soit pressenti… En 1986, le Time Code est vagissant dans son principe et le son au cinéma se synchronise seulement sur un signal « bi phase » propre, entre autres, au Nagra… Et, de plus, je dois prendre en compte que le film sera monté et que les musiques enregistrées en 24 pistes seront coupées… Je décide d’utiliser le bi phase issus du Nagra de l’ingénieur du son, comme signal de référence de synchronisation, qui sera enregistré sur la piste 24 du magnétophone multipiste analogique. |
|
|
Parallèlement à tout ça, à l’initiative de Philippe Sarde, nous inventons un studio révolutionnaire, dans un appartement situé sur les Champs-Élysées, dans la galerie du Lido. Le studio Philippe Sarde au 78 Champs-Élysées. L’idée a germé en 1982. Nous mixions une compilation des 10 ans de musiques de film de Claude Sautet, écrits par Philippe depuis « Les Choses de la Vie », à Londres, au studio Angel. Philippe a une idée : « tout ça est insupportable, faisons une salle de mixage « à la maison », comme ça on pourra mixer tranquillement en pantoufle ! » Puis Philippe décide de créer un deuxième studio, dans l’appartement, dédié lui au mixage purement cinéma…. Le premier jour du tournage de « Round Midnight », nous allons sur le plateau et là… Nathalie reste pétrifiée, elle vient de voir en chair et en os Wayne, son Héros dont elle a le poster dans sa chambre depuis son adolescence… Je connais Wayne, j’ai déjà enregistré avec lui à Londres. Pour moi, le problème principal, ce sont les micros cachés. Ceux qui ne peuvent pas être dans le « champ » de la caméra, puisqu’ils ne sont pas d’époque (les années 60). |
|
Lonette et Dexter Gordon |
Tout se passe merveilleusement bien, le soir nous finissons la journée à la cantine d’Éclair, techniciens et musiciens. Certains soirs, les musiciens font des bœufs. Je me rappelle particulièrement d’un soir magique : le trompettiste Chet Baker est présent (pourtant il n’est pas crédité au générique du film) Lonette McKee La prestation est magique, tout le monde nous presse d’enregistrer pour conserver ce moment inoubliable ; je refuse : un moment inoubliable est un instant dont on a, ni de trace, ni la preuve… Après six semaines, nous changeons de décors, du Blue-Note on passe dans un appartement, ou se joue une scène d’anniversaire. |
| Comble du désastre, comme c’est vendredi soir, et qu’il est tard, Bertrand décide de terminer par un plan large… Et qu’est-ce qui se passe dans un plan large ? Le micro de la perche est beaucoup plus loin de la chanteuse pour rester hors du cadre ! Je hurle à la mort et dis que pour le son c’est mort. Bertrand décide que nous allons visionner les rushes le lundi matin suivant pour le son et qu’en cas de problème, il retournera des gros plans raccords. Nous retournons. Et là, Bruno de KEYZER, le Chef opérateur à l’image, décide de construire des paravents en polystyrène afin de m’aider à mieux isoler la voix de la chanteuse par rapport au batteur. L’équipe « image » (ses assistants et les électros) n’en reviennent pas ; ils n’ont jamais vu ça ! |
|
Le Montage de l’imageLe tournage est terminé, arrive l’étape du montage des images. Armand Psenny Le MixageLe montage de l’image est terminé, on va passer au mixage ; il faut que je conforme le 24 pistes du tournage au montage des images. À cette époque, nous avions une SSL 400dans le studio musique. Claude Viland assisté de Bernard Leroux étaient en charge du mixage des éléments sonores du film (dialogues, bruitages et montage son) j’étais en charge du mixage de la musique. Dolby était très intéressé par ce film, d’abord parce qu’il était produit par un Américain (Irwin Winckler) et que c’était essentiellement un film musical avec des musiciens comme herbie Hancock américains… Des encarts publicitaires, payés par Dolby Amérique, parurent dans Variety avant les nominations aux Oscars. J’étais très fier. Puis vinrent les nominations aux Césars, je ne connaissais pas les Césars, baignant encore que dans l’univers de la musique…. |
|
| autres Stories | |



